John Coltrane

John Coltrane

John Coltrane

 

John Coltrane

“I’d like to point out to people the divine in a musical language that transcends words. I want to speak to their souls.”

Je veux souligner le divin dans la musique à travers un langage qui transcende les mots. Je veux parler à leur âme.

 “Trane était le saxophoniste le plus puissant, le plus rapide que j’aie jamais vu. Il pouvait jouer très vite et très fort, ce qui est difficile… Lorsque la plupart des musiciens jouent fort, ils s’enferment ( … ) Trane y arrivait, il était phénoménal. Quand il portait son saxophone à la bouche, on aurait cru qu’il était possédé. Il était si passionné – si acharné – et si pourtant si tranquille, si gentil quand il ne jouait pas”. Dixit Miles Davis

Le saxophoniste Archie Shepp atteste que les spectateurs criaient et pleuraient quand il jouait. Comme dans une célébration de gospel. Coltrane voulait se rapprocher des gens. Communier avec le public.

  “A LOVE SUPREME” de John Coltrane fut classé par le magazine Rolling Stone, 47ème parmi les 500 plus grands albums de tous les temps….

A Love Supreme de John Coltrane

Improvisateur virtuose, John Coltrane possède une œuvre impressionnante de 122 compositions pour 29 albums. Sa technique explorait de nouvelles sonorités, des timbres originaux pour donner du dynamisme au saxophone.

Coltrane a toujours cherché à se dépasser, son approche de la musique était une quête spirituelle. Avec ce son d’une puissance rare, il a modifié en profondeur la musique.

Je ne sais pas pour vous mais l’écoute de Coltrane pour la première fois (Love Supreme) vers mes 14 ans a provoqué quelque chose de très profond en moi. Je ne pourrais pas le résumer par des mots puisque justement ma conclusion a été que le jazz était bien plus fort que les paroles et que le saxophone de Coltrane parlait directement à mon âme.

La vie de Coltrane

John Williams Coltrane est né le 23 septembre 1926 à Hamlet, Caroline du Sud.

Issu d’une famille qui aimait la musique, son père violoniste et clarinettiste en amateur, sa mère jouait du piano, c’est tout naturellement que John dès son enfance fut attiré par cet art.

Son grand-père maternel, William Blair était un prêcheur très respecté, très admiré dans la région, c’était une véritable figure charismatique. Son père était tailleur. La famille entière – les grands parents et leurs descendants- étaient des gens aisés d’après les critères de l’époque et de la région. Ils habitaient une maison à deux étages dans la partie ‘respectable’ du district habité par des gens de couleur, alors que beaucoup de Noirs de la région vivaient dans des cabanes de bois ou dans des baraques qui abritaient les petits métayers.

Suite à la mort de son père et grand-père, il fut élevé par sa mère Mary. John se révèle un enfant timide, en proie au doute et à l’inquiétude, qui va bientôt trouver refuge dans la musique.

Coltrane apprend d’abord le « saxhorn » en mi bémol, puis la clarinette, et, sous l’influence de Johnny Hodges, son idole, un des sidemen indispensable de Duke, il change à l’âge de 15 ans pour le saxophone alto.

Coltrane se lance et choisit le ténor

A son entrée en 1948 dans le groupe d’Eddie « Cleanhead » Vinson, il prend le ténor.

Un des traits majeurs de son caractère était qu’il fut constamment studieux et, ce dès son plus jeune âge et les premières années d’apprentissage musical.  ‘John était constamment à prendre des notes et à étudier des arrangements, demandant à son patron pour quelle raison tel accord trouvait à se résoudre en tel autre, et quels rapports il y avait entre les deux.

Après de longs mois d’incertitude, la carrière de John Coltrane va prendre une tournure nouvelle : en novembre 1949, il entre dans l’orchestre de Gillespie. “C’était l’époque folle de Dizzy”, confiera-t-il plus tard, celle où il désirait trouver un nouveau public en jouant une sorte de rhythm and blues de sa façon, avec Joe Caroll. “C’était très amusant, mais je ne sais pas si ce que nous faisions était toujours suffisamment apprécié ! “. Coltrane n’a effectivement pas tort d’émettre des réserves quant à la popularité du Big Band, puisque Gillespie devra le dissoudre à la fin de 1950.

De retour à Philadelphie, et conscient des nouvelles exigences que demande un tel instrument, John décide de reprendre ses cours de théorie. Sa formation musicale passera également par l’étude d’instrumentistes aussi différents que Dexter Gordon et Stan Getz, qui dominent alors le saxophone ténor, et par celle de compositeurs classiques aussi considérables que Ravel, Debussy et Bartok. En réalité, même si pour l’instant il n’a d’autre choix que de jouer dans des clubs de Jazz qu’il ne sent plus comme avant, Coltrane est à la recherche de sonorités nouvelles.

Suite à une tournée en Californie fait la connaissance d’Eric Dolphy, une rencontre déterminante dans sa vie. Il joue avec Miles Davis et Sonny Rollins à l’Audubon Ballroom de New York. C’est à cette époque que John consomme de l’alcool et se drogue plus que jamais, notamment à l’héroïne. C’est en 1953 qu’il réalise un de ses rêve en rejoignant l’ensemble de sa première idole, l’altiste ellingtonien Johnny Hodges.

Coltrane travaille avec divers orchestres de rhythm and blues avant de gagner New York en 1955. Cette même année, il se marie avec Naima.

Le jazzman ne tardera pas à trouver du travail. Au printemps, en remplacement de Sonny Rollins, il entre dans le quintette de Miles Davis. Ce quintette comprend également Red Garland au piano, Paul Chambers à la contrebasse et Philly Joe Jones à la batterie et avec lequel il enregistre pour la première fois. Bien que les critiques n’apprécient guère le jeu de Coltrane, les thèmes enregistrés témoignent d’une profonde maîtrise, les cinq musiciens parvenant à créer un son tout à fait spectaculaire.

1957 l’année du réveil spirituel

Coltrane cesse définitivement de prendre des drogues dures et de consommer de l’alcool de façon abusive et, après un bref séjour à Philadelphie, il retourne à New York pour jouer avec Thelonious Monk.

Il ne va pourtant pas y rester longtemps et, après l’enregistrement de l’album « Thelonious Monk with John Coltrane » qui ne sort qu’en 1962, il déploie à nouveau ses ailes.

En 1960, accompagné de quelques musiciens dont le fabuleux pianiste McCoy Tyner, le batteur Elvin Jones et le bassiste Steve Davis, il sort ainsi son premier album, vertigineux, en tant que leader, « Giant steps ».

Giant Step de John Coltrane

A partir de cette année, Coltrane, plus libre, commence à surprendre tout le monde en jouant comme on ne l’avait jamais fait jusqu’alors. Sa musique tempétueuse mêle des harmoniques suraiguës à de longues saignées sonores qui commencent à faire mal avant d’envoûter. John Coltrane enregistre désormais sous son nom, en duo tout d’abord avec le premier trompettiste free, Don Cherry, puis à la tête d’un quartette incroyable qui sera stable pendant cinq ans : McCoy Tyner, pianiste au jeu incisif et puissant, le fulgurant batteur Elvin Jones et les bassistes, tour à tour Steve Davis, Reggie Workman, puis Jimmy Garrison.

Au cours des années 60, le jazzman collabore aussi avec de nombreux artistes de jazz dont le pianiste et compositeur américain Duke Ellington en 1962, avec lequel il enregistre l’album « Duke Ellington & John Coltrane » avec le fabuleux “In a sentimental mood”.

En 1963, il se sépare de sa femme pour épouser la pianiste Alice McLeod. Un coup de foudre à la fois sentimental et artistique qui, au cours des années qui vont suivre, va donner à John Coltrane une nouvelle aspiration musicale. Lui-même indiquant que ses paroles sont traduites en mélodies.

Sur le saxophone soprano qu’il redécouvre sera enregistrée une première version de My Favorite Things, un thème de Broadway qu’il réinvente totalement. Quelques morceaux sont enregistrés en quintette avec le flûtiste, le talentueux saxophoniste et clarinettiste Eric Dolphy , ou en grand orchestre. En 1965, l’année où il crée une de ses plus belles œuvres, A Love Supreme, il participe au festival d’Antibes; ce sera pour les amateurs français l’occasion d’approcher de près un des musiciens les plus forts et des plus secrets de sa génération.

En 1966 sort un nouvel album studio qu’il baptise « Live at the village vanguard again! » avec le titre « Naïma » à l’honneur. S’ensuivent plusieurs prestations live, dont deux concerts à l’Olatunji center of african culture en avril 1967. En 1966, John Coltrane se sépara de McCoy Tyner et d’Elvin Jones. Pour le remplacer, le saxophoniste engage alors le batteur Rashied Ali, et sa femme Alice McLeod (qui deviendra Mme Coltrane ) remplace Tyner au piano. Enfin, le saxophoniste Pharoah Sanders complète la formation.

Il meurt en 1967 des suites d’une infection hépatiques.

Comment travaillait Coltrane?

Coltrane consommait une quantité industrielle d’anches. Il pouvait user une cinquantaine d’anches dans une journée de répétition! C’est le saxophoniste français Francois Jeanneau lui envoyait des paquets d’anches de Paris. Coltrane ne voyageait pas sans un sac rempli de becs. Il ne lâchait pas l’instrument. Il répétait des heures, s’interrompait uniquement pour manger. Il mord dans le métal du bec, malgré d’insupportables douleurs dentaires (raison pour laquelle on trouve peu de photos où il sourit). Sa première femme Naïma raconte qu’il s’endormait parfois avec le ténor dans la bouche. Quand elle quittait la maison, inutile d’essayer de sonner à la porte: le musicien n’ouvrait pas.

Patience, amour, le don à la musique, la connaissance des progressions harmoniques, le jeu libre, la connaissance subtile des émotions, du cri, la recherche du propre.

Coltrane a eut un développement musical extrêmement lent avant d’arriver à une pleine maturité artistique, contrairement à des personnalités parfois géniales comme Armstrong, Parker, Tatum… Un de ses biographes,  Lewis Porter écrit : ‘Il n’était pas, contrairement à ce que l’on aurait pu penser, un grand talent dont la reconnaissance aurait pris beaucoup de temps.  Il était plutôt quelqu’un qui n’a pas débuté avec l’évidence d’un talent exceptionnel, et c’est ce qui rend son cas des plus intéressants – l’on peut devenir l’un des plus grands musiciens de son temps sans commencer par être un prodige en aucune façon’.

Discographie – Sélection

Dakar (1957 – Prestige)
Blue Train (1957 – Blue Note)
John Coltrane et Burrell (1958 – Atlantic)
John Coltrane time with Cecil Taylor (1958 – Atlantic)
Naïma (1959 – Atlantic)
Giant Steps (1959 – Atlantic)
My Favorite Things (1960 – Atlantic)
Plays the blues (1960 – Atlantic)
Olé (1961 – Atlantic)
Africa (1961 – Impulse)
Duke Ellington et John Coltrane (1962 – Impulse)
A Love Supreme (1964 – Impulse)
Sun Ship (1965 – Impulse)
Ascension (1965 – Impulse)
Meditations (1965 – Impulse)
Transition (1965 – Impulse)
Infinity (1966 – Impulse)
Expression (1967 – Impulse)

Je voulais terminer avec une image rare de Trane souriant.

John Coltrane

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Une réponse

  1. Christian GIRARD dit :

    A sa sortie en 1961, Olé, (qui comportait Dahomey Dance et Aisha), avec entre autres Eric Dolphy, est resté un de mes disques préféré. Ce fut une révélation et par la suite je fis l’acquisition de tous les albums de John Coltrane dès leur sortie.
    Je n’ai pu hélas l’écouter en live.
    Il restera pour moi un des derniers “grands”, car depuis, s’il existe de par le monde d’immenses instrumentistes, il manque le génie qui a caractérisé des musiciens tels que Coltrane ou Parker.

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