Mes exercices de son favoris

Technique au saxophone 0 Comments

Comme le disait un de mes professeurs favoris :

« la musique c’est le son. Peu importe ce que tu joueras, il fera toute la différence. »

C’est probablement une des meilleures leçons que j’ai pu recevoir et j’y pense à chaque fois que je prends mon saxophone dans les mains. Aujourd’hui, je vous partage mes exercices de son favoris. Ils ont bien fonctionné avec moi. Alors pourquoi pas vous ?

Le son tenu

Le son tenu, autrement appelé pose de son, est un classique dans l’apprentissage des instruments à vent. Si tout le monde s’exerce à cela, ce n’est pas pour rien. En effet, ils vous apporteront bon nombre de bénéfices.
Le concept est simple : jouer une note le plus longtemps possible en s’assurant que le son ne bouge pas. La consigne est certes facile à comprendre, mais dans les faits, c’est une tout autre histoire.Vous vous apercevrez qu’au départ le son aura tendance à faire des vagues. C’est le signe que soit vous ne respirez pas correctement, soit vous ne soufflez pas bien dans l’instrument.

Pour y remédier :

• assurez d’avoir une bonne posture et d’appliquer la technique de respiration abdominale.

• expirez l’air de façon continue en faisant attention à toujours avoir la même pression d’air dans le saxophone.

Faire du muscle

Les sons tenus sont également très efficaces pour développer les muscles de la face et par conséquent, l’endurance. Un masque plus musclé vous offrira une meilleure prise de bec et influera grandement sur le rendu sonore !

Un exercice de concentration

C’est un point de vue assez peu évoqué quand on parle de son tenu, mais la concertation est capitale ! Veillez à être parfaitement attentif à vos sensations quand vous pratiquez cet exercice. Il est important de pouvoir les identifier afin de pouvoir progresser plus rapidement.

• Si le son à du mal sortir ou que vous sentez une retenue : relâchez l’embouchure, prenez moins de bec en bouche ou les deux.

• à l’inverse, si vous avez une sensation de son éclaté ou criard : augmentez légèrement la pression de la lèvre inférieure, prenez un poil plus de bec ou les deux.

Le bending

Technique bien connu des guitaristes, le bending est parfaitement applicable au saxophone.
Qu’est ce que c’est ? À la guitare, le bending consiste à plier une ou plusieurs cordes afin d’augmenter leur tension, cela a pour effet de monter légèrement la hauteur du son. En ce qui concerne le saxophone, augmenter la hauteur du son sur une note donnée n’est pas impossible, mais quand même assez compliqué à réaliser. Nous opterons plutôt pour le chemin inverse : descendre la hauteur du son. Pratiquer cet exercice vous permettra de comprendre les mécanismes d’ouvertures et de fermetures de la gorge ainsi que ceux de la position de la langue.

Bending avec le bec

J’ai personnellement découvert cela avec les trompettistes. Un matin, je n’avais pas l’envie de m’enfermer seul dans ma salle, je suis allé rejoindre les trompettistes du conservatoire qui avaient l’habitude de se retrouver pour leur traditionnelle séance de chauffe. Ils pratiquaient des exercices uniquement avec l’embouchure : des gammes, des arpèges, de sons tenus et du bending entre autres. J’ai donc pris mon bec et j’ai tenté passablement de faire la même chose. Après quelques semaines de travail, je me suis aperçu que moi aussi je pouvais jouer tout cela uniquement avec mon bec. Plus besoin de saxophone !
Ces exercices sont essentiellement destinés à la souplesse d’embouchure donc, de la lèvre inférieure et les muscles de la face pour le saxophone.

Comment faire

Pour commencer cet exercice, prenez votre bec de saxophone et jouez « la note de base ». Elle va différer selon le type de bec employé, le type d’anche et bien sûr en fonction de la taille de celui-ci : un bec de saxophone soprano aura une note de base plus aiguë que celui d’un bec de saxophone baryton.
Une fois cette note trouvée, essayez de la descendre d’un demi-ton sans arrêter de souffler. Pour cela, détendez légèrement la lèvre inférieure et augmentez le volume d’air dans le bec. En effet, pour que la note sorte correctement vous allez devoir compenser l’augmentation de l’ouverture du trou entre l’anche et le bec par un volume d’air plus important.

Avant de pratiquer les exercices suivant avec vôtre bec, il est absolument nécessaire de les chanter ! Le but final est de comprendre que l’on joue du saxophone comme on chante !

En voici un exemple sonore avec un bec de saxophone alto :

Une fois cette étape franchie, vous devez essayer de descendre d’un ton puis, d’un ton et demi, 2 tons, 2 tons et demi etc.

Pratiquez maintenant les gammes :

Puis les arpèges :

Pratiquez-le aussi avec le saxophone ! En descendant la note d’un demi-ton ou plus, puis dans l’autre sens en attaquant la note un demi-ton en dessous du son déterminé par le doigté choisi :

Les “overtones”

Les « overtones » ou harmoniques sont à pratiquer sans plus attendre pour développer un « gros » son. Tout comme dans les instruments de la famille des cuivres (trompette, trombone, tuba, cor par exemple), il est tout à fait possible de jouer plusieurs notes avec le même doigté sur un saxophone. Cette technique vous appendra à maîtriser tous les registres de vôtre instrument, suraiguë inclus. Les « overtones » sont un complément de l’exercice de bending, car vous allez devoir utiliser les mêmes mécanismes de la gorge, du larynx et de la position de la langue dans la bouche.

Le principe est aussi très simple à comprendre. Il s’agit de jouer la série d’harmoniques naturelles sur le même doigté. Autrement dit, jouer plusieurs notes sans bouger les doigts.
Quand vous jouez un sib grave, par exemple, le son que vous entendez n’est en réalité que la note fondamentale de celui-ci. Théoriquement, une infinité de fréquences sont également présentes dans le son.

Voici la série d’harmoniques naturelles :

Son au saxophone

Le but de l’exercice va donc être d’en jouer le plus possible.

Au départ, c’est plutôt frustrant, je vous l’accorde. Il est cependant indispensable de se familiariser avec cela. Prenez vôtre temps. Cela prendra peut être des semaines voir des mois mais peu importe ! L‘important c’est le résultat.

Comment débuter

Pour débuter les “overtones”, allez y simplement et pratiquez cet exercice :

  1. Jouez un sib médium
  2. positionnez vos doigts pour jouer un sib grave
  3. Gardez la position d’embouchure identique a celle du sib médium tout en gardant vos doigts en position de sib grave
  4. Faire sonner le sib médium

Si l’exercice est bien exécuté, vous devez entendre un sib médium en jouant le doigté du sib grave. Le son sera plus “plein”, abrasif, plus riche en harmoniques. Essayez ensuite avec le si, le do, le do dièse.

Exemple audio :

Une fois que vous maîtriserez parfaitement cela, vous pourrez passer au choses sérieuses :

Top tones for the saxophone

Sigurd Rascher, est un saxophoniste américain né en Allemagne en 1907. Il mourut en 2001 aux États Unis. Il fut un des pionniers du saxophone classique et chercha à développer un nouveau niveau de virtuosité à cet instrument pour se produire en concert.  Très impliqué dans la littérature musicale pour saxophone, il commandera plus de 150 œuvres. Il développa également des modes de jeu inconnus et inouïs jusqu’alors, comme le suraigu ou le slap.
Écoutez plutôt: Sigurd Rascher plays “Rhumba” by Maurice Whitney

Parmi ces différents ouvrages pédagogiques, un se distingue : Top tones for the saxophone. Dans cette méthode, Rascher nous partage un nombre incalculable d’exercices sur les « overtones » et les techniques de suraigu. Si vous voulez passer à l’étape supérieure, c’est le livre idéal.

J’espère  que cet article pourra vous aider à développer le son de vos rêves !

N’oubliez pas de travailler intelligemment !

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