Selmer Mark VI : Le meilleur saxophone au monde ?

Selmer Mark VI : Le meilleur saxophone au monde ?

Selmer Mark VI

Bienvenue sur le blog SaxophonistePro! Comme ce n'est pas la première fois que vous venez ici, vous voudrez sans doute lire mon livret qui vous explique comment apprendre n'importe quel morceau au saxophone : cliquez ici pour télécharger le livre gratuitement ! 🙂

Le saxophone Selmer Mark VI, une légende parmi les légendes. Mais, pourquoi est-il rentré dans l’histoire du saxophone à tout jamais ? Le Selmer Mark VI est considéré par la majorité des saxophonistes comme le meilleur saxophone au monde. Est-ce bien le cas ? Pourquoi a-t-il eu autant de succès ? Autant de questions auxquelles nous allons essayer de répondre aujourd’hui.

Selmer Mark VI : la légende

Selmer Mark VIModèle conçu entre 1954 et 1974, le Selmer Mark VI va très vite s’imposer dans le monde du saxophone. À cette époque, le marché du saxophone n’est pas encore entièrement dominé par Selmer (ce qui est le cas à l’heure actuelle). Les marques de saxophone comme Conn, King ou encore Martin fonctionnent encore à plein régime. Et c’est bien dans ce contexte que Selmer doit se démarquer. Bien que les ingénieurs de la grande enseigne française du saxophone aient toujours travaillé dans un souci de pure modernité, ils leur résistaient encore à accomplir la plus belle des œuvres : le Mark VI. Le modèle précédent le Mark VI, le « Super Balanced Action » avait pourtant déjà frappé fort puisque de nombreuses stars du saxophone l’avaient adopté et s’annonçait comme le précurseur d’une ingénierie ancrée dans son temps.

Un design révolutionnaire

C’est bien sur ce point que Selmer a frappé fort. Le concept est simple : rendre l’ergonomie aussi parfaite que possible. Selmer intègre alors un nouveau plateau de main gauche, des clés de notes graves, un nouveau mécanisme de clés d’octave ainsi qu’une modification de l’ergonomie de la main droite et un support de pouce réglable. Le résultat est incroyable pour l’époque si bien que depuis lors rien n’a changé sur les saxophones. L’ergonomie est restée identique et grandement appréciée de l’immense majorité de saxophonistes (dont je ne fais pas partie :-)). Là où personne n’avait trouvé le compromis idéal à l’époque, Selmer l’avait fait. De par ce fait uniquement, il était évident que le Mark VI allait rencontrer un énorme succès.

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L’homogénéité du Selmer Mark VI

En complément d’une ergonomie presque parfaite, le Mark VI fait preuve d’une homogénéité de son sur tous les registres inégalée jusque là. Et je dois bien vous avouer qu’en tant que « Selmero-septique », je dois m’y plier. Ce saxophone nous offre un son riche du grave à l’aiguë. Ce qui est une véritable prouesse compte tenu de la difficulté que cela représente. Une impression de grande souplesse se dégage immédiatement du saxophone dès les premières notes. Je peux tout à fait comprendre que cela soit séduisant.

Son évolution

La maison Selmer ne comptait pas s’en arrêter là et a continué tout au long de la production à apporter des modifications au Mark VI. Cela relève même du casse-tête tellement il y en a eu. C’est pourquoi il est très difficile de trouver deux saxophones qui se ressemblent ou pires encore, qui sonnent pareil. Les pavillons, les culasses, les jointures, les finitions, les ajouts de clés, les bocaux spéciaux, etc. il y en a pour tous les goûts. Tout cela créer une échelle de prix immense sur le marché de l’occasion !

Selmer Mark VI

Comment savoir de quelle année est votre Mark VI

Pour savoir de quelle année est votre saxophone et ainsi pouvoir déterminer ses spécificités, rien de plus simple. Il faut regarder le numéro de série situé en bas du corps de l’instrument, en dessous du repose pouce. Cliquez ici pour connaitre l’année de fabrication ainsi que les spécifications de votre Selmer Mark VI.

Ce lien vous renvoie a la page du site saxophone.org concernant les Mark VI. Ce site est certes en anglais mais constitue la banque de données la plus précise recensée  à ce jour.

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Un instrument surcotè ?

Jouant sur sa réputation et le fait qu’il fut adopté par des saxophonistes de légende comme Mickael Brecker, Dexter Gordon, Wayne Shorter, Kenny Garrett, David Sanborn etc. les prix du Selmer Mark VI peuvent atteindre des sommes complètement délirantes. Certains ténors peuvent atteindre les 20 000 € ! Ce qui est, ne nous le cachons pas, proprement scandaleux.
Mais pourquoi une telle surcote ? Il y a plusieurs raisons à cela :

• La première et la plus tragique vient de la spéculation de certains amateurs fortunés. Le principe est simple : créer la rareté. Pour cela ils achètent parfois jusqu’à 15-20 saxophones munis des spécificités les moins courantes et les revendent ensuite à prix d’or.

• Certains revendeurs jouent sur le fait qu’une légende du saxophone aurait détenu l’instrument. On ne paye alors plus un bout de métal, mais de la salive de star !

• La légende elle-même. Tu veux sonner comme ceux que tu entends sur les disques ? Achètes un Mark VI voyons ! Ridicule…

Les alternatives

Si comme moi, vous ne voulez pas sonner comme tout le monde (oui, j’exagère un tantinet), il existe des alternatives nettement moins coûteuses et tout aussi jouissives. Parmi les plus connus, nous pouvons trouver :

  • Les Conns 6M, 10M, Chu Berry. Cela vous coutera en 1500 et 3000€ en moyenne et vous aurez un saxophone professionnel, robuste à très forte identité sonore .
  • Les Kings super 20. Des saxophones assez prisés mais d’une facilité de jeu déconcertante pour la somme de 2500 à 4000€ en moyenne. J’ai personnellement fait ce choix.
  • D’excellents saxophones français : les SML révision D ou Gold Medal. Ces instruments ne vous couteront que 1500 à 3000€ et représentent probablement le meilleur rapport qualité/prix du marché des saxophones vintage.
  • Le Buffet Crampon Super Dynaction, un instrument sous-coté de grande qualité.
  • Les saxophones modernes comme les Yanagizawa WO1, WO2 contre la somme de 2500 à 4000 € neufs en magasin. Il est également de les trouver d’occasion à des sommes plus raisonnables.

Mon avis en vidéo

 

———————————–>>>>>>>>>>>> Dites-moi dans les commentaires si cet article vous a plu 😉

 

 

 

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7 réponses

  1. DOUTRELIGNE dit :

    Bonjour,
    Vous demandez quel saxophone je joue : un super action de 1947 (le super balanced action est une pure invention de saxophoniste et n’a jamais existé chez Selmer. Cette appellation a été créée pour ne pas le confondre avec le super action 80)
    Vous demandez également de donner un avis sur vos écrits. Ils sont en général intéressants, mais je regrette personnellement que vous n’attachiez pas plus de soin à l’orthographe et à la relecture.
    Bon courage et… Merci 😊

    • Merci pour ce commentaire. Vous avez la chance de posséder un excellent saxophone. Bravo ! Une vidéo au sujet du Selmer SBA sortira très prochainement sur la chaîne YouTube, je serais ravi d’avoir votre opinion.
      Je sais que mes lacunes orthographiques peuvent déranger, mais le chemin parcourus depuis les débuts du blog est déjà énorme pour moi. Vous ne pouvez pas imaginer d’où je suis parti à ce niveau. Dyslexique, dysorthographique, l’école à été un véritable calvaire pour moi. Je m’améliore un peu plus chaque jour et j’en suis très heureux. Bonne continuation à vous.

  2. Christian GIRARD dit :

    Bonjour,
    Je n’ai pour ma part jamais pu m’adapter à l’ergonomie des saxophones Selmer. Je n’ai pas rencontré ce type de problème sur Yamaha ou Yanagisawa, le choix entre les deux marques étant bien difficile. Dans les deux cas l’ergonomie est parfaite et la qualité de fabrication irréprochable respectivement dès les YAS 62 et YTS 62 ou WO1.
    En ce qui concerne la qualité sonore, à partir d’une certaine qualité de fabrication, on tombe dans le domaine du subjectif et les paramètres en jeu sont extrêmement nombreux.

  3. Jean Bossot dit :

    J’ai 2 Mark VI : un ténor M 191 710 de 1970 et un alto M 180 374 achetés neufs à Metz (chez Bemer à l’époque) en 1971 & 72. J’en suis très content, à la fois pour l’ergonomie et pour le son … bien que j’ai à plusieurs occasions été séduit par le son “cuivré” très chaud du ténor Conn.
    J’ai eu l’occasion d’essayer plusieurs autres marques alto ou ténor (Yamaha, Yanagisawa, Buffet Crampon, Evette, …) mais avec quelques difficultés quant à l’ergonomie.

    Sur la rareté “provoquée” des Mark VI, j’avais entendu dire que Selmer essayait d’en récupérer un max pour ensuite les passer au pilon et ainsi éviter de les retrouver sur le marché de l’occasion !

    J’ai également cru comprendre que les Mark VI les plus recherchés étaient plutôt ceux fabriqués entre 1956 (pas les premiers de 1954, 55 : n° 54 500 à environ 63 000) qui avaient quelques défauts de jeunesse, jusqu’en 1968 (vers les n° 152 000) année qui aurait vu des départs en retraites d’ouvriers qui détenaient un certain savoir-faire …
    D’ailleurs ça doit se retrouver dans les prix de revente selon les n° de série.

    Pour la sonorité, et en lien avec ton article sur comment choisir un bec de sax, je considère (ça se discute …. !) que la sonorité dépend pour moitié (a minima) des caractéristiques physiques du joueur (gorge, cavité buccale, capacité pulmonaire, position dents, lèvres, …) et pour moitié de l’instrument, dont : 40% du bec, 30% de l’anche et la ligature, 20% du corps (alliage & tampons & résonateurs) & pavillon, 10% du bocal … (on n’est pas à 5% près !).

    Enfin, mes modèles de sonorité et de musicalité en me limitant qu’à quelques uns :
    – au ténor : Dexter Gordon, Stan Getz, Gene Ammons, Bob Berg
    – à l’alto : Cannonbal Adderley, Art Pepper, Phil Woods, Jackie McLean

    • Merci pour ce commentaire Jean. Je suis d’accord en tous points avec vous, mise à part peut être en ce qui concerne la sonorité. Le saxophone n’a en réalité qu’assez peu d’importance ( à mon humble avis ), bien qu’il joue un rôle psychologique à ne pas négliger. Certes, certains projettent plus ou moins, ont plus ou moins de grain etc… Mais j’ai pu remarquer qu’a chaque fois que je change de saxophone, l’essence même de mon son revient tout au plus quelques semaines après. Certainement après que la ” Lune de Miel ” soit terminée. Je reste persuadé que l’identité sonore vient en grande partie du cerveau du musicien. L’expérience acquise, les écoutes, la morphologie etc. La vie du musicien forge le son en grande partie.

  4. DELTA dit :

    Bonjour Benjamin,
    Je ne joue que du ténor (j’ai bien un soprano, acquis assez récemment d’occas et pas très cher, juste histoire de me faire plaisir et satisfaire une envie de jeunesse, on en reparlera à l’occasion) et mon ténor c’est un SELMER !! Oh non pas un Mark VI (j’en rêve), seulement un S III qui me donne la plus grande satisfaction ; son, ergonomie, etc.
    J’ai connu Buffet Crampon et j’ai essayé Yamaha mais, leur reconnaissant bien des qualités, je n’échangerais pas.

    Pour conclure, et regrettant de ne pas trouver de réponse de votre part aux commentaires (dommage ça rendrait le blog plus vivant), je m’adresse à Jean Bossot : Ah oui Dexter Gordon et Stan Getz quel régal.

    • Quand je jouais le saxophone classique, j’ai longtemps hésiter à jouer sur un Série III également. Mais après plusieurs tests, le Buffet Crampon S3 Prestige c’est révélé être de bien meilleur facture à mon goût. Vous aurez certainement compris que je suis assez septique de la qualité intrinsèque des saxophones Selmer.J’avoue volontiers que ce jugement n’est peut être pas très objectif car je n’ai jamais réussi a ressentir de réelles vibrations avec ces instruments. Je suis tout à fait conscient qu’ils plaisent à une majorité des saxophonistes dans le monde ( et oui, Selmer exerce bien un monopole ), mais ce n’est tout simplement pas mon truc. Si le SIII vous procure une entière satisfaction : n’en changez surtout pas ! Le choix du saxophone est très subjectif et il convient à chacun de trouver SA perle rare.

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